Col Emile Rey 4030m (couloir ouest)- Massif du Mt-Blanc
jeudi 2 juin 2005
Magnifique descente dans la Face Ouest,petite nuitée au bivouac Quintino Sella et col Emile Rey...c'est bien la montagne!
Rejoints par Sébastien de Sainte-Marie, nous grimpons en direction du Mt Blanc, par l'itinéraire des 3 monts. Quelques heures plus tard,le sommet est là, et un hélicoptère aussi!Avec la polémique actuelle et les autorisations de dépose, je m'interroge. On ne va quand même pas se faire "griller" une descente par des héliportés, d'autant plus qu'il y a 15 jours de cela, certains se sont fait déposer. Cette fois, c’est un cameraman chargé de faire des images d'un récent crash d'avion : « ouf ! ». On s’offre un petit casse-croûte en attendant Sébastien. Quelle agitation sur le sommet du Mont Blanc! Un hélicoptère, un cinéaste et du vent. Décidément, ce sommet n'est jamais calme, même le massif des Aravis est plus sauvage! Presque 40 minutes s'écoulent, nous nous inquiétons pour Seb et allons jeter un coup d'oeil en direction des "Rochers Rouges", il a l'air de renoncer...Il est assis.

Pour Pierre et moi c'est évident, il fait demi-tour. Nous commençons la descente de la face ouest: 900 m de pente à 40/45° en moyenne, sous l'oeil du pilote d'hélicoptère ! Il doit se poser quelques questions en voyant 2 skieurs partir en direction des séracs...Nous effectuons cette descente assez rapidement, la neige transformée est un régal. Je suis Pierre, il connaît bien cette face qu'il a descendue en 1993 lors d'une première : la photo dans sa poche l'aide à se repérer ; nous contournons de gros séracs et essayons de skier rapidement afin de ne pas trop nous exposer. Le manque de neige sur la fin de l’itinéraire nous force à effectuer quelques acrobaties. Mais le Refuge Quintino Sella est en vue, cet endroit est magique, nous admirons cette grande face et profitons de cette fin d'après-midi pour observer l'objectif du lendemain: le col Émile Rey.
Alors que nous sommes a quelques mètres du refuge , nous sommes abasourdis, Seb est là! Suivant nos traces il nous a rejoints; finalement il a juste fait une grosse pause avant le sommet, nous ferons donc un bon repas, rien de tel pour reprendre des forces. A 22h00, nous gagnons nos couchettes, demain une belle journée nous attend.
Jeudi 2 juin.6h00 : Réveil, petit déjeuner et ménage dans le refuge. 7h00. C'est parti on attaque la traversée en direction de la rimaye, on est en grande forme et les conditions de regel sont excellentes. Il est 12h15, on est au sommet du couloir, (Seb est trop fatigué, il a renoncé).Reblochon, saucisson et nougat pour réparer les cuisses ! Puis on chausse à 20 mètres sous le sommet à cause du manque de neige. Les 100 premiers mètres sont étroits et dans le brouillard, nous effectuons quelques virages, et les skis frottent les rochers bordant le couloir, mais ensuite la glisse est présente, et à nous les beaux virages.
Neige de printemps et 600 m de pente à 40/45°, que du bonheur! Une descente sans problème et sans rappel, pour terminer la saison en beauté. Nous rejoignons Seb au pied du couloir.
A 14h00, l 'aventure commence : la descente sur l' Italie c'est très long (surtout en chaussures de ski) , on remonte un glacier crevassé pour rejoindre le refuge :1h de marche. Puis descente sous le refuge, névés, pentes d'herbes et enfin un rappel ,à 18h15 nous sommes sur l'immense Glacier du Miage. Il est 22h00 lorsque nous arrivons au premier village où des Italiens nous offrent le couvert! Des gens accueillants et sympathiques… Puis à 23h00, on nous quitte devant le tunnel du Mt Blanc… 20 min d'autostop avant qu'une voiture ne nous conduise jusque sur le parking de l'Aiguille du Midi à 00h00.Le marathon est terminé et les gourdes sont vides.
Cet immense versant Italien, souvent comparé à l’Himalaya nécessite un engagement physique, moral et technique, et reste une source de défi pour les skieurs, « à condition de respecter les règles du jeu ...et de la nature »
Jeremy Janody
Posté dans CHRONIQUES
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