Petite Aiguille de L' Arcelin 2468m-Massif de la Vanoise
dimanche 24 mars 2002
Un jolie sommet de la Vanoise 5.4/E4/D 600m
PETITE AIGUILLE DE L’ARCELIN 2648 m.
1ère descente à skis le 24 Mars 2002 par Pierre Tardivel.

J’ai appellé cet itinéraire “Voie Kathy” (du nom de ma femme), puisque à priori il n’avait pas encore de nom.Cotation : 5.4 / E4, 600 m., 40/45°.3 h. d’escalade, 40 mn de descente.Orientation générale : WNW
On voit bien cet itinéraire depuis le village de Pralognan-la-Vanoise, et surtout depuis le sommet du téléphérique du Bochor (mon aventure n’a donc pas échappé aux pisteurs, qui ont l’habitude d’observer les nombreux chamois et bouquetins).La difficulté était déjà de deviner le cheminement puisque pour voir tous les passages il faut regarder depuis plusieurs endroits. Il faut ensuite un enneigement abondant pour que les nombreux passages étroits deviennent skiables, sans bien sûr qu’il y ait de risques d’avalanches.Si l’on attend trop longtemps pour que la neige soit bien stabilisée, les pentes inférieures risquent d’être complètement déneigées.
Les conditions optimales sont difficiles à réunir; il vaut donc mieux habiter dans le coin pour surveiller régulièrement, ce qui n’est pas mon cas ! Je regardais tout de même systématiquement cette face lors de mes fréquentes montées au refuge Félix Faure. Mais il m’a fallu du temps pour me motiver, car la face est impressionnante : une paroi essentiellement rocheuse où le risque est maximum (E4). Lors de la descente, j’ai dû plusieurs fois boucler des virages juste au bord d’une falaise.
J’ai malheureusement dû composer avec une neige difficile,qui a rendu la descente moyennement agréable. Je ne pouvais pas skier vite. Dans des pentes à 45°, je suis habituellement plutôt à l’aise, mais cette fois j’étais souvent près de ma limite.Je n’ai pas eu de chance à cause d’un brusque changement de temps : au bout de 30 mn d’ensoleillement, le ciel s’est complètement obscurci, empêchant la fonte des 2 cm de verglas qui recouvraient la poudreuse (une situation exceptionnelle dûe à la pluie de la semaine précédente). Il faisait pourtant grand beau le matin lors de mon ascention !
La solution consistait donc à retomber sèchement après chaque virage pour casser cette croûte.Autre difficulté : dans certains passages, heureusement courts, les dalles de rocher n’étaient recouverts que de 20 cm de neige inconsistante. Interdit donc d’y poser les spatules, sous peine de dévissage. J’ai pris l’habitude d’escalader les itinéraires avant de les skier, ce qui me permet d’éviter soigneusement ce genre de pièges, invisibles d’en haut.
Heureusement, ce n’était pas tout le long comme ça et il y a eu des moments où je me faisais plaisir. Et je dois bien avouer que j’aime être confronté aux difficultés, dans la mesure où j’arrive à les dominer.Le ski extrême est une forme d’alpinisme où le plaisir de la montée compte autant que la descente. Ce plaisir est encore plus important lorsqu’il s’agit d’un itinéraire inconnu; on devient ainsi un peu explorateur.
Je n’ai jamais eu la joie d’être le premier homme à conquérir un sommet, mais j’ai connu celle d’être le premier à y chausser un engin de glisse, comme à l’Aiguille du Triolet, en 95, ou ici, sur l’Aiguille de l’Arcelin.
Ces descentes extrêmes ne sont parfois skiables que quelques jours dans l’année, et un des intérêts de l’activité consiste à les trouver. Une des grandes qualités necessaires est la faculté à deviner quels sont ces jours rares.Ces moments d’exception sont pour moi des cadeaux de la vie et je les aprécie, que la neige soit facile ou non.Une descente tortueuse comme l’Arcelin a pour moi plus de valeur qu’une descente plus raide mais monotone, comme le sont les grands couloirs classiques des années 70.Je ne me considère pas comme un sportif de haut niveau, mais comme un aventurier.
1ère descente à skis le 24 Mars 2002 par Pierre Tardivel.

J’ai appellé cet itinéraire “Voie Kathy” (du nom de ma femme), puisque à priori il n’avait pas encore de nom.Cotation : 5.4 / E4, 600 m., 40/45°.3 h. d’escalade, 40 mn de descente.Orientation générale : WNW
On voit bien cet itinéraire depuis le village de Pralognan-la-Vanoise, et surtout depuis le sommet du téléphérique du Bochor (mon aventure n’a donc pas échappé aux pisteurs, qui ont l’habitude d’observer les nombreux chamois et bouquetins).La difficulté était déjà de deviner le cheminement puisque pour voir tous les passages il faut regarder depuis plusieurs endroits. Il faut ensuite un enneigement abondant pour que les nombreux passages étroits deviennent skiables, sans bien sûr qu’il y ait de risques d’avalanches.Si l’on attend trop longtemps pour que la neige soit bien stabilisée, les pentes inférieures risquent d’être complètement déneigées.
Les conditions optimales sont difficiles à réunir; il vaut donc mieux habiter dans le coin pour surveiller régulièrement, ce qui n’est pas mon cas ! Je regardais tout de même systématiquement cette face lors de mes fréquentes montées au refuge Félix Faure. Mais il m’a fallu du temps pour me motiver, car la face est impressionnante : une paroi essentiellement rocheuse où le risque est maximum (E4). Lors de la descente, j’ai dû plusieurs fois boucler des virages juste au bord d’une falaise.
J’ai malheureusement dû composer avec une neige difficile,qui a rendu la descente moyennement agréable. Je ne pouvais pas skier vite. Dans des pentes à 45°, je suis habituellement plutôt à l’aise, mais cette fois j’étais souvent près de ma limite.Je n’ai pas eu de chance à cause d’un brusque changement de temps : au bout de 30 mn d’ensoleillement, le ciel s’est complètement obscurci, empêchant la fonte des 2 cm de verglas qui recouvraient la poudreuse (une situation exceptionnelle dûe à la pluie de la semaine précédente). Il faisait pourtant grand beau le matin lors de mon ascention !
La solution consistait donc à retomber sèchement après chaque virage pour casser cette croûte.Autre difficulté : dans certains passages, heureusement courts, les dalles de rocher n’étaient recouverts que de 20 cm de neige inconsistante. Interdit donc d’y poser les spatules, sous peine de dévissage. J’ai pris l’habitude d’escalader les itinéraires avant de les skier, ce qui me permet d’éviter soigneusement ce genre de pièges, invisibles d’en haut.
Heureusement, ce n’était pas tout le long comme ça et il y a eu des moments où je me faisais plaisir. Et je dois bien avouer que j’aime être confronté aux difficultés, dans la mesure où j’arrive à les dominer.Le ski extrême est une forme d’alpinisme où le plaisir de la montée compte autant que la descente. Ce plaisir est encore plus important lorsqu’il s’agit d’un itinéraire inconnu; on devient ainsi un peu explorateur.
Je n’ai jamais eu la joie d’être le premier homme à conquérir un sommet, mais j’ai connu celle d’être le premier à y chausser un engin de glisse, comme à l’Aiguille du Triolet, en 95, ou ici, sur l’Aiguille de l’Arcelin.
Ces descentes extrêmes ne sont parfois skiables que quelques jours dans l’année, et un des intérêts de l’activité consiste à les trouver. Une des grandes qualités necessaires est la faculté à deviner quels sont ces jours rares.Ces moments d’exception sont pour moi des cadeaux de la vie et je les aprécie, que la neige soit facile ou non.Une descente tortueuse comme l’Arcelin a pour moi plus de valeur qu’une descente plus raide mais monotone, comme le sont les grands couloirs classiques des années 70.Je ne me considère pas comme un sportif de haut niveau, mais comme un aventurier.
Posté dans CHRONIQUES
Jeremy Janody







