Versant Est du Mont Tondu 3192 m -Massif du Mont-Blanc
jeudi 17 avril 2003
Un jolie sommet de difficulté modéré.
J'ai repéré cette face lors d'une randonnée à skis à l'Aiguille des Glaciers l'hiver dernier.

Compagnons de course :
- Nathan Wallace, américain, rédacteur au magazine 2freeski.com, avec qui j'avais skié le Couloir des Aiguillettes au Grand Capucin en 2002; très fort grimpeur. - Paul Mc Leod, écossais, qui a déjà plusieurs premières en skis à son actif, avec qui j'avais ouvert la face nord de Bionnassay en 2001 ("Diagonale du Goofy"). Tous deux vivent à Chamonix, sont de très fort free-riders et des skieurs extrêmes du meilleur niveau. J'ai entièrement confiance en eux sur le terrain et sont de plus très sympas.
Nous sommes partis le 16 Avril à 11 h. des remontées mécaniques des Contamines Montjoie, pour une longue ballade en skis de rando : traversée du Col de la Fenêtre pour rejoindre les lacs Jovet, puis montée au Pain de Sucre. Là,mes compagnons préfèrent descendre directement au Refuge Robert Blanc, via le Col du Mont Tondu, tandis que je continue vers le Mont Tondu. Je tenais à descendre le jour même le Couloir Est. Pour cela, il faut d'abord suivre la délicate arête rocheuse sommitale, redescendre 50 m. versant sud pour trouver le couloir : 400 m. à 40/45°, en neige très dure à cause du froid (le couloir était repassé à l'ombre depuis plusieurs heures). J'ai rejoint mes compagnons au refuge à 19 h.
Le lendemain, grand beau temps, réveil à 5 h., nous partons tous trois à 6 h. pour gravir la face est directe du Mont Tondu. Très bonnes conditions de neige printemps et ascension rapide (1 h. d'escalade pour 450 m.). L'itinéraire est assez évident à trouver mais nous passons un peu de temps à chercher les meilleures zones à skier : par endroits, les rochers affleurent et il ne faudra pas y mettre les skis. Dans cette face est, la neige transforme vite au soleil et nous ne nous attardons pas au sommet.
Début de la descente à 8h30.
L'itinéraire skiable est relativement étroit et nous devons évoluer les uns après les autres pour ne pas nous gêner : à chaque virage, on fait partir des coulées superficielles qui pourraient déséquilibrer le skieur d'en dessous. Je sais qu'à plusieurs, une descente est toujours plus lente, mais je préfère inviter des compagnons pour partager mes aventures.Nous skions rapidement mais toujours prudemment car c'est une face très exposée au dessus des barres rocheuses, et trop raide pour qu'une chute puisse être enrayée (45° et plus soutenus).
Dans l'ensemble, les passages sont plutôt étroits et nous évoluons toujours en petits virages; aujourd'hui, nous ne pouvons pas nous lâcher à grand vitesse, mais le plaisir est bien là, car la neige est très bonne et tout se passe bien. C'est du ski fluide, où on peut enchaîner les virages. Pas de rappel de corde, pas besoin de sortir le piolet à la descente, pas de désescalade skis aux pieds : c'est ce que j'appelle une belle descente à skis. De plus, l'itinéraire est esthétique et logique : droit en dessous du sommet, et on chausse les skis exactement au point le plus haut.Cette descente est réservée aux skieurs qui n'ont pas peur des longues marches d'approche, mais pourrait être répétée de temps en temps.
Cette face est, qui était à priori vierge aussi bien à la montée qu'à la descente, est le seul itinéraire skiable du Mont Tondu. C'est un privilège rare que d'être le premier à descendre à skis d'un sommet. La grande difficulté était aussi de savoir trouver le jour où les conditions nivo-météo étaient parfaites.

Compagnons de course :
- Nathan Wallace, américain, rédacteur au magazine 2freeski.com, avec qui j'avais skié le Couloir des Aiguillettes au Grand Capucin en 2002; très fort grimpeur. - Paul Mc Leod, écossais, qui a déjà plusieurs premières en skis à son actif, avec qui j'avais ouvert la face nord de Bionnassay en 2001 ("Diagonale du Goofy"). Tous deux vivent à Chamonix, sont de très fort free-riders et des skieurs extrêmes du meilleur niveau. J'ai entièrement confiance en eux sur le terrain et sont de plus très sympas.
Nous sommes partis le 16 Avril à 11 h. des remontées mécaniques des Contamines Montjoie, pour une longue ballade en skis de rando : traversée du Col de la Fenêtre pour rejoindre les lacs Jovet, puis montée au Pain de Sucre. Là,mes compagnons préfèrent descendre directement au Refuge Robert Blanc, via le Col du Mont Tondu, tandis que je continue vers le Mont Tondu. Je tenais à descendre le jour même le Couloir Est. Pour cela, il faut d'abord suivre la délicate arête rocheuse sommitale, redescendre 50 m. versant sud pour trouver le couloir : 400 m. à 40/45°, en neige très dure à cause du froid (le couloir était repassé à l'ombre depuis plusieurs heures). J'ai rejoint mes compagnons au refuge à 19 h.
Le lendemain, grand beau temps, réveil à 5 h., nous partons tous trois à 6 h. pour gravir la face est directe du Mont Tondu. Très bonnes conditions de neige printemps et ascension rapide (1 h. d'escalade pour 450 m.). L'itinéraire est assez évident à trouver mais nous passons un peu de temps à chercher les meilleures zones à skier : par endroits, les rochers affleurent et il ne faudra pas y mettre les skis. Dans cette face est, la neige transforme vite au soleil et nous ne nous attardons pas au sommet.
Début de la descente à 8h30.
L'itinéraire skiable est relativement étroit et nous devons évoluer les uns après les autres pour ne pas nous gêner : à chaque virage, on fait partir des coulées superficielles qui pourraient déséquilibrer le skieur d'en dessous. Je sais qu'à plusieurs, une descente est toujours plus lente, mais je préfère inviter des compagnons pour partager mes aventures.Nous skions rapidement mais toujours prudemment car c'est une face très exposée au dessus des barres rocheuses, et trop raide pour qu'une chute puisse être enrayée (45° et plus soutenus).
Dans l'ensemble, les passages sont plutôt étroits et nous évoluons toujours en petits virages; aujourd'hui, nous ne pouvons pas nous lâcher à grand vitesse, mais le plaisir est bien là, car la neige est très bonne et tout se passe bien. C'est du ski fluide, où on peut enchaîner les virages. Pas de rappel de corde, pas besoin de sortir le piolet à la descente, pas de désescalade skis aux pieds : c'est ce que j'appelle une belle descente à skis. De plus, l'itinéraire est esthétique et logique : droit en dessous du sommet, et on chausse les skis exactement au point le plus haut.Cette descente est réservée aux skieurs qui n'ont pas peur des longues marches d'approche, mais pourrait être répétée de temps en temps.
Cette face est, qui était à priori vierge aussi bien à la montée qu'à la descente, est le seul itinéraire skiable du Mont Tondu. C'est un privilège rare que d'être le premier à descendre à skis d'un sommet. La grande difficulté était aussi de savoir trouver le jour où les conditions nivo-météo étaient parfaites.
Posté dans CHRONIQUES
Jeremy Janody







