Balmhorn Face Est 3699 m-Massif de l'Oberland-bernois
mardi 6 mars 2007
Premiére par Rémy Lécluse le 01/02/07 -1300 m de dénivelée 5.4/E4/D très grande exposition, quatre passages très techniques.

La face Est du Balmhorn
"Depuis une dizaine d’années, j’avais repéré cette face.
La première fois, au coin d’une page des « 100 plus belles de l’Oberland Bernois à skis », une petite photo N&B, avec deux randonneurs regardant la face…
Une belle pyramide assez caillouteuse où un itinéraire possible apparaît entre les barres rocheuses.
Déjà à trois reprises, je m’étais retrouvé au sommet, le départ dans la face E semblait peu probable, les éperons calcaires façonnent des fuyantes verticales qui domine le Gasteretal de plus de 2000m…
Avec Hubert de Nas de Tourris, cameraman, nous sommes allés repérer le secteur & la face courant Janvier 2007 ; surprise, alors que les Alpes manquent de neige, celle-ci semble en bonnes conditions !
Une chute de neige plus tard, nous revenons.
Nous : Hubert pour filmer, John Norris pour photographier, Bridget Temple & Jayne Hedger pour aider les artistes à porter leur fardeau.
Toute l’équipe reçoit un accueil fabuleux à la Lotchenpass hutte, cabane bicounette plantée au pied de la face. Andrea, Beat & Benno, les gardiens sont curieux de savoir si leur face sera descendue à skis…
4h00 du mat, la lune brille, je descend à skis les 300 m qui me séparent de la rimaye. 4h30, je commence à grimper, surprise la rimaye sous un aspect débonnaire cache sous un pont de neige soufflée un gouffre noir dont je ne vois pas le fond. Léger, très léger, à la limite de la reptation je passe ce premier obstacle.
La trace sur la première moitié de la face est assez facile à faire, j’enfonce au maximum de vingt centimètres dans une neige travaillée par le vent. Un petit passage de neige collée sur des dalles rocheuses me réveille complètement & me rappelle que la descente sera sportive.
Quand la face s’éclaire de rose, j’enfonce au genou. La deuxième moitié de l’ascension est pénible. Il fait chaud et la trace est difficile à faire. De nouveau des passages en neige collée sur le rocher, un passage en glace vive et enfin je rejoins le sommet à 9h30.

Photo:John Norris
Je prends le temps de boire et de me nourrir, en effet je n’ai fait qu’une courte pose durant l’ascension.
10h30, je commence la descente. La neige, travaillée par le vent, n’est pas toujours facile à skier. Par moments légère, compactée & dure ou croûtée, elle m’oblige à une constante attention. L’ anticipation est de rigueur.

Photo: John Norris
La moyenne des pentes skiées est autour de 50°. Les grandes pentes entre les barres, sont plutôt sympas à 45/50°, elles proposent de longues sections relativement reposantes. Les sections étroites situées au niveau des barres rocheuses, offrent quant à elles quelques passages sportifs ; dix centimètres de neige collée à même le rocher à trois reprises, un dérapage « dégueulé » sur de la glace recouverte d’une fine pellicule, le tout dans des pentes à 55° et peu plus parfois… La face E du Balmhorn tient ses promesses.
11h15, je suis sur plat au pied de la face, moulu et heureux de la réussite, un vieux rêve réalisé, un de plus.
Trois cent mètres de montée en peau me séparent de la cabane où je reçois les félicitations de mes amis. Andrea, la gardienne qui a suivi incrédule la descente aux jumelles, m’offre trois bises (à la mode suisse), un super rösti et une bouteille de Fendant pour fêter l’évènement.
Rémy Lécluse
Merci à eux: DYNASTAR,GRIVEL
Posté dans ACTUS
Jeremy Janody







