Becca di Montandayné 3838 m -Massif du Grand Paradis
vendredi 20 avril 2007
1ère descente à skis de la Face Nord Ouest par le couloir Tizianna par Rémy Lécluse
19/04/07 Ascension II 3, Descente 5.4 E4 550 mètres.
45 à 50° soutenus, plusieurs passages à 55° en mixte, 1 rappel de 15 m
Situé entre l’Herbetet et le Petit Paradis, la Becca di Montandayné reçoit peu de visites, pas de voie normale attirante, elle n’est visitée que par les grimpeurs qui font la longue et très esthétique traversée Herbetet-Grand Paradis.
Lors de mes fréquents passages au rifugio Chabod, j’avais repéré cette ligne.
Départ à 8h30 de ma voiture, sous le regard de deux chamois, dans le Valsavarenche, 45’ plus tard arrêt café à Chabod pour parler des prochaines élections et de la vie politique franco-italienne avec Ivo, le père de Titi (Tizianna), la gardienne.10h15, départ du refuge, une heure plus tard, je suis à la rimaye où je laisse les peaux de phoques.L’ascension démarre sur une neige bien dure et sympa à cramponner.Las, cela ne dure pas ; après une centaine de mètres, je passe à une croûte cassante et pour garder le tempo doit essayer de rester en rive gauche de la pente où la neige est une vielle poudreuse posée sur le rocher…
Malgré cela, j’arrive à conserver un rythme correct ; juste interrompu par le crux de l’ascension. 15 mètres à 80° ; neige instable plaquée sur le rocher, le tout couronné par une congère surplombante…
En solo, pas le droit à l’erreur, c’est avec infiniment de délicatesse que je me déplace vers le haut, en prenant soin de tous mes appuis et ancrages !Une fois, ce travail de patience et de concentration achevée, je continue à tracer dans une croûte pénible.Sommet à 12h30, après 2004 mètres de dénivelée, une séquence repos, réhydratation, contemplation et concentration est de rigueur.Départ à 13h00, miracle du ski : la croûte laborieuse à pieds se transforme en une surface portante douce à skier.
Dans les parties en poudreuse, je skie doucement en prenant soin de ne pas accrocher les rochers sous jacents dans toutes les parties étroites. Le crux de la montée est avalé avec un court rappel skis aux pieds.Malgré l’heure tardive, la neige reste bien dure et me permet de franchir assez facilement tous les passages mixtes sans toucher le rocher souvent proche.
Après une bonne demi-heure de descente, je savoure la réussite avec une bière dans la cuisine du rifugio Chabod en papotant avec les amis du refuge.
14h30, retour à ma voiture.
Très belle descente, assez expo, dans une ambiance rocheuse très sympa !Ce couloir est dédié à Titi (Tizianna), l’adorable gardienne du rifugio Chabod pour qui hospitalité n’est pas un vain mot.
Rémi
Posté dans ACTUS
Jeremy Janody







