Face S du Rinderhorn 3458 m - Oberland Bernois par Rémy Lécluse

samedi 29 décembre 2007
1450 m de dénivelée : 650 mètres supérieurs 5.6/E4 pentes soutenues autour des 50° avec passages plus raides, 55° & très exposés. 800 mètres inférieurs 4.2 /E2 grand couloir facile à 40°max, dominant cependant une grande barre. Descente en pointillés rouges.



La descente est très exposée aux dangers objectifs : chutes de pierres (le calcaire est particulièrement pourri !) & chutes de glaçons provenant des cascades de glace présentes dans toute la face, à différents niveaux.
La partie supérieure avait été descendue par Jean Sébastien Knoertzer avec le stage de guide en Avril 1999. Tracé vert. C’est la voie d’ascension que j’ai utilisé depuis Gemmi pass.
Départ 7heures du mat après une nuit douillette au Wildstrubel berghotel, Gemmi pass, en une heure & demi je suis au pied de la partie supérieure de la face. Ça brasse pas mal, neige croûté & sucre à même le rocher il me faut autant de temps pour sortir les 400 mètres supérieurs qu’il m’en a fallu pour remonter en peaux les 700 premiers mètres. En plus, j’y vais mollo pour garder du jus pour la descente qui est prometteuse…
Au sommet, je avis repérer le départ de la descente à pieds, de façon à trouver le bon passage tout de suite, l’ambiance est très gazeuse, un tantinet irréelle : de nombreuse falaises forment des cornes sur leur partie supérieure.
C’est parti ! Deux, trois virages sur une neige très douce mettent en confiance… & puis fin de partie : ça devient béton ! Pas le temps d’attendre le dégel, la suite de la descente serait pourrie & rendue dangereuse par des chutes de pierres ou de glace. Après le béton arrivent quelques passages amusants : une petite traversée bien délicate plein gaz avec une neige foireuse à même le rocher ; point culminant des réjouissances, les deux grandes traversées qui permettent d’éviter la grande barre située au pied de la partie sommitale sont particulièrement délicates : cinq à dix centimètres de neige posée sur les dalles de calcaire marneux. Heureusement les carres accrochent un tant soit peu sur ce rocher tendre ! Arrivé à l’entrée du grand couloir facile, il faut sauter par mal de « crevasses » formées par la reptation de la neige sur la pente, un petit crochet à droite pour éviter la dernière grande barre par du terrain à chamois & le tour est joué en 45 minutes depuis le sommet.

Suivent une petite remontée en peau & 700 mètres de descente en neige douce, dans les mélèzes pour arriver à Leukerbad.
Posté dans ACTUS
Jeremy Janody