Remi Lecluse-Perou 2008
dimanche 22 juin 2008
Remi revient du Perou ou il a réalisé de belles descentes. No comments.
Printemps 2008 au Pérou…
L’Eau sacrée.
Fin Avril 2008, Glen Plake & moi-même nous nous retrouvons à Cusco.
Nous avons quelques projets dans la cordillère de Vilcanota.
L’origine de Vilcanota vient du quechua Wilca-unu-ta : l’eau sacrée ; le nom actuel a été donné par les espagnols par déformation du nom originel.
Après quatre jours d’acclimatation à Cusco, culturels et gastronomiques, nous rejoignons les montagnes. Quelques jours de trek autour de l’Ausangate nous permettent de constater que la saison humide aété plutôt sèche. Notre premier objctif sur un sommet Ouest de l’Ausangate est inskiable : tout en glace vive & grise, de plus le glacier qui mène au pied de la face s’est effondré depuis l’année dernière: une vilaine barre de séracs empêche tout accès.
Nous installons un camp de base au pied de notre objectif principal.
Dès le lendemain nous déposons nos skis & tout le matos technique à la limite de la neige.Et puis, une petite semaine de mauvais temps nous plonge dans une zenitude profonde au CB.Pendant ce temps, nous arrivons à sortir de temps en temps & même à réussir une petite première descente à skis sur l’Ananta 5290 m.Nous avons aussi installé un bivouac à 5100 m pour gravir notre objectif.
Le temps se met au beau, nous montons au bivouac, réveil à minuit : il neige !Réveil à quatre heures du matin pour la vacation radio avec Daniel, aspi péruvien qui doit monter filmer, le temps n’est pas terrible & nous redescendons au CB.Glen n’a pas bien dormi & nous décidons de repartir depuis le CB à 22 heures après une journée de repos.
Cette fois ci, c’est la bonne, nous partons sur un gentil petit rythme, arrêt café au bivouac, montée en crampons skis sur le sac. Nous zigzagons entre des crevasses immenses sur le glacier mais la lune est là pour nous aider. Au pied de la face, le taux d’adrénaline monte d’ un cran : de belles tours de glace nous surplombent, nous accélérons le pas.
La rimaye se laisse faire tranquillou : tout baigne ! Je plie la corde & nous continuons en solo à deux.
3 heures du mat, 5800 m : la galère, j’ancre mes outils dans une glace blanche cassante ; j’essaye par le haut, par le bas, rien à faire sous un sérac une immense plaque de neige a glissée sur la glace & c’est tout simplement in-skiable sur une très grande étendue.
Demi tour, c’est avec les « boules » que nous dé-escaladons la partie basse de la face & attendons en grelotant le soleil pour skier le glacier.Récupération du bivouac pendant que Daniel & René (l’un des arrieros qui ne rêve que de sommets) s’offrent l’Ananta.
Retour au CB, p’tit dèj & démontage du camp : il ne nous reste plus beaucoup de jours & je ne suis pas résigné pour autant. Je veux aller voir « derrière » le Callangate, je n’ai jamais vu ce versant mais j’ai une bonne intuition.
Dix huit heures après notre départ, nous posons le camp à Paschpata. Encore une petite journée de marche & notre deuxième CB est posé à Ticclacocha, lac splendide où les vigognes sont nombreuses.Dès le lendemain : repérage & dépôt du matos à la neige, les moraines sont « vivantes » & le glacier qui nous mène au pied du Callangate plutôt tourmenté.
Un large col entre Callangate & les Picos Tres est atteint, à droite c’est plein de séracs répugnants, à gauche une belle arête encore vierge mène au sommet S du chaînon des Callangate ; il y a aussi quelques séracs mais nous les trouvons plutôt sympas !
Retour au CB, 1 heure du mat nous repartons vers le haut. 4 heures 45 plus tard je savoure le sommet en attendant Glen qui arrive une demi- heure plus tard.Le sommet surplombe sur deux faces & ressemble plus à une grosse « corniche-sérac » qu’à un sommet !En gros, nous ne savons pas sur quoi nous sommes posés mais c’est énorme & super gazeux.L’altitude est d’environ 6030 m.
Nous activons pour mettre les paluches en marche. La mienne refuse de fonctionner purement & simplement ; celle de Glen fonctionne… Je m’engage sur l’arête sommitale : c’est très raide, un bon gros 55° & super gazeux, Glen me suis en dérapant avec le piolet de façon à assurer les images. J’enchaine de courts virages les spatules suspendues au dessus de 2000 m de gaz, heureusement la neige est excellente : 15 cm de givre sur un fond ferme. Glen jubile : « ce sont les meilleures images de pente raide que j’ai jamais vues ! »
L’ambiance est totalement délirante, la récompense d’un mois d’attente.
Arrivés au pied de la tour sommitale, déception, la caméra de Glen n’a pas fonctionnée : nous garderons ces images fortes dans nos têtes & nos cœurs. Après une longue pause, nous devons attendre que la neige du versant Est de l’arête décaille, nous repartons.
Nous slalomons entre de petits séracs dans des pentes pas trop raides, env. 45° pour atteindre «Crystal palace », une série d’écharpes bien raides qui se faufilent entre des séracs surplombants ornés d’une multitude de stalactites de glace. Ce passage nous mène à un petit couloir étroit qui lui même nous conduit au deuxième passage clef de la descente. Une traversée bien exposée & très raide, on peut presque se gratter l’oreille amont avec la spatule du ski amont ! Nous sommes dominés par d’jolies corniches & nous faisons vite pour limiter l’exposition.
Et puis, c’est fini ou presque !
De grandes pentes à 40/45° max nous permettent d’achever cette descente de rêve !
Une série de grandes courbes sur une neige de printemps nos permettent de rejoindre Daniel & René au pied de l’arête !
Deux jours après retour à Cusco & après une petite semaine de repos Glen repart en Californie & moi je repars sur une expé avec des clients. Nous réussirons l’ascension de Japu Punta 5812 m & la première descente à ski de la montagne par l’arête SE.
De nouveau après une semaine de grand beau temps, nous arrivons au camp de base avec une météo pas terrible & surtout de très fort vent en altitude. Le premier essai d’ascension se solde par le déclenchement d’une plaque de grande taille mais peu épaisse, Roger & moi sommes du voyage sans bobos, heureusement. Mon ARVA ne fonctionne plus de puis la veille au soir…
Le lendemain, je choisi un autre itinéraire : le plus plat possible pour garantir un succès à notre équipe sans trop de stress ! Ce sera chose faite en huit heures aller & retour après une « bonne grosse châle » !
Nous quitterons la cordillère de Vilcanota sous la neige, venue de l’Amazonie toute proche.
Fiches techniques ascensions & descentes :
Nevado Ananta 5290 m
1ère à skis le 14 Mai 2008 par Rémy Lécluse & Glen Plake
AD à la montée, 5.2 E4 à la descente 50° max, un passage très expo. 250 m
Callangate Sur, env. 6030 m
1ère ascension de l’arête E, 1ère descente à ski du sommet & de l’arête E le 21 Mai 2008 par Rémy Lécluse & Glen Plake.
V/D à la montée, 5.6 E4 à la descente peu soutenue, longues parties « faciles » à 40/45° mais les trois parties difficiles sont bien raides (un bon gros 55°) & expo.
Certaines années, un ou plusieurs rappels pourraient s’avérer indispensables pour franchir les séracs. 750 m env. Japu Punta 5812 m
1ère descente à skis du sommet par l’arête SE le vendredi 13 Juin 2008 par Lorraine Mooney, Jim Fairey, Rémy Lécluse & Roger Upton, accompagnés par Daniel Chillihuani (aspirant-guide) & René Crispin (arriero)
PD à la montée, 3.2 E2 à la descente courts passages à 40/45° & très grosses crevasses. Merci à Dynastar, Grivel, Ifremont & Alpine East pour Rémy Lécluse. Merci à Elan, Dalbello, Camp, Peak Performance pour Glen Plake
L’Eau sacrée.
Fin Avril 2008, Glen Plake & moi-même nous nous retrouvons à Cusco.
Nous avons quelques projets dans la cordillère de Vilcanota.
L’origine de Vilcanota vient du quechua Wilca-unu-ta : l’eau sacrée ; le nom actuel a été donné par les espagnols par déformation du nom originel.
Après quatre jours d’acclimatation à Cusco, culturels et gastronomiques, nous rejoignons les montagnes. Quelques jours de trek autour de l’Ausangate nous permettent de constater que la saison humide aété plutôt sèche. Notre premier objctif sur un sommet Ouest de l’Ausangate est inskiable : tout en glace vive & grise, de plus le glacier qui mène au pied de la face s’est effondré depuis l’année dernière: une vilaine barre de séracs empêche tout accès.
Nous installons un camp de base au pied de notre objectif principal.
Dès le lendemain nous déposons nos skis & tout le matos technique à la limite de la neige.Et puis, une petite semaine de mauvais temps nous plonge dans une zenitude profonde au CB.Pendant ce temps, nous arrivons à sortir de temps en temps & même à réussir une petite première descente à skis sur l’Ananta 5290 m.Nous avons aussi installé un bivouac à 5100 m pour gravir notre objectif.
Le temps se met au beau, nous montons au bivouac, réveil à minuit : il neige !Réveil à quatre heures du matin pour la vacation radio avec Daniel, aspi péruvien qui doit monter filmer, le temps n’est pas terrible & nous redescendons au CB.Glen n’a pas bien dormi & nous décidons de repartir depuis le CB à 22 heures après une journée de repos.
Cette fois ci, c’est la bonne, nous partons sur un gentil petit rythme, arrêt café au bivouac, montée en crampons skis sur le sac. Nous zigzagons entre des crevasses immenses sur le glacier mais la lune est là pour nous aider. Au pied de la face, le taux d’adrénaline monte d’ un cran : de belles tours de glace nous surplombent, nous accélérons le pas.
La rimaye se laisse faire tranquillou : tout baigne ! Je plie la corde & nous continuons en solo à deux.
3 heures du mat, 5800 m : la galère, j’ancre mes outils dans une glace blanche cassante ; j’essaye par le haut, par le bas, rien à faire sous un sérac une immense plaque de neige a glissée sur la glace & c’est tout simplement in-skiable sur une très grande étendue.
Demi tour, c’est avec les « boules » que nous dé-escaladons la partie basse de la face & attendons en grelotant le soleil pour skier le glacier.Récupération du bivouac pendant que Daniel & René (l’un des arrieros qui ne rêve que de sommets) s’offrent l’Ananta.
Retour au CB, p’tit dèj & démontage du camp : il ne nous reste plus beaucoup de jours & je ne suis pas résigné pour autant. Je veux aller voir « derrière » le Callangate, je n’ai jamais vu ce versant mais j’ai une bonne intuition.
Dix huit heures après notre départ, nous posons le camp à Paschpata. Encore une petite journée de marche & notre deuxième CB est posé à Ticclacocha, lac splendide où les vigognes sont nombreuses.Dès le lendemain : repérage & dépôt du matos à la neige, les moraines sont « vivantes » & le glacier qui nous mène au pied du Callangate plutôt tourmenté.
Un large col entre Callangate & les Picos Tres est atteint, à droite c’est plein de séracs répugnants, à gauche une belle arête encore vierge mène au sommet S du chaînon des Callangate ; il y a aussi quelques séracs mais nous les trouvons plutôt sympas !
Retour au CB, 1 heure du mat nous repartons vers le haut. 4 heures 45 plus tard je savoure le sommet en attendant Glen qui arrive une demi- heure plus tard.Le sommet surplombe sur deux faces & ressemble plus à une grosse « corniche-sérac » qu’à un sommet !En gros, nous ne savons pas sur quoi nous sommes posés mais c’est énorme & super gazeux.L’altitude est d’environ 6030 m.
Nous activons pour mettre les paluches en marche. La mienne refuse de fonctionner purement & simplement ; celle de Glen fonctionne… Je m’engage sur l’arête sommitale : c’est très raide, un bon gros 55° & super gazeux, Glen me suis en dérapant avec le piolet de façon à assurer les images. J’enchaine de courts virages les spatules suspendues au dessus de 2000 m de gaz, heureusement la neige est excellente : 15 cm de givre sur un fond ferme. Glen jubile : « ce sont les meilleures images de pente raide que j’ai jamais vues ! »
L’ambiance est totalement délirante, la récompense d’un mois d’attente.
Arrivés au pied de la tour sommitale, déception, la caméra de Glen n’a pas fonctionnée : nous garderons ces images fortes dans nos têtes & nos cœurs. Après une longue pause, nous devons attendre que la neige du versant Est de l’arête décaille, nous repartons.
Nous slalomons entre de petits séracs dans des pentes pas trop raides, env. 45° pour atteindre «Crystal palace », une série d’écharpes bien raides qui se faufilent entre des séracs surplombants ornés d’une multitude de stalactites de glace. Ce passage nous mène à un petit couloir étroit qui lui même nous conduit au deuxième passage clef de la descente. Une traversée bien exposée & très raide, on peut presque se gratter l’oreille amont avec la spatule du ski amont ! Nous sommes dominés par d’jolies corniches & nous faisons vite pour limiter l’exposition.
Et puis, c’est fini ou presque !
De grandes pentes à 40/45° max nous permettent d’achever cette descente de rêve !
Une série de grandes courbes sur une neige de printemps nos permettent de rejoindre Daniel & René au pied de l’arête !
Deux jours après retour à Cusco & après une petite semaine de repos Glen repart en Californie & moi je repars sur une expé avec des clients. Nous réussirons l’ascension de Japu Punta 5812 m & la première descente à ski de la montagne par l’arête SE.
De nouveau après une semaine de grand beau temps, nous arrivons au camp de base avec une météo pas terrible & surtout de très fort vent en altitude. Le premier essai d’ascension se solde par le déclenchement d’une plaque de grande taille mais peu épaisse, Roger & moi sommes du voyage sans bobos, heureusement. Mon ARVA ne fonctionne plus de puis la veille au soir…
Le lendemain, je choisi un autre itinéraire : le plus plat possible pour garantir un succès à notre équipe sans trop de stress ! Ce sera chose faite en huit heures aller & retour après une « bonne grosse châle » !
Nous quitterons la cordillère de Vilcanota sous la neige, venue de l’Amazonie toute proche.
Fiches techniques ascensions & descentes :
Nevado Ananta 5290 m
1ère à skis le 14 Mai 2008 par Rémy Lécluse & Glen Plake
AD à la montée, 5.2 E4 à la descente 50° max, un passage très expo. 250 m
Callangate Sur, env. 6030 m
1ère ascension de l’arête E, 1ère descente à ski du sommet & de l’arête E le 21 Mai 2008 par Rémy Lécluse & Glen Plake.
V/D à la montée, 5.6 E4 à la descente peu soutenue, longues parties « faciles » à 40/45° mais les trois parties difficiles sont bien raides (un bon gros 55°) & expo.
Certaines années, un ou plusieurs rappels pourraient s’avérer indispensables pour franchir les séracs. 750 m env. Japu Punta 5812 m
1ère descente à skis du sommet par l’arête SE le vendredi 13 Juin 2008 par Lorraine Mooney, Jim Fairey, Rémy Lécluse & Roger Upton, accompagnés par Daniel Chillihuani (aspirant-guide) & René Crispin (arriero)
PD à la montée, 3.2 E2 à la descente courts passages à 40/45° & très grosses crevasses. Merci à Dynastar, Grivel, Ifremont & Alpine East pour Rémy Lécluse. Merci à Elan, Dalbello, Camp, Peak Performance pour Glen Plake
Posté dans ACTUS
Jeremy Janody







